1. Immobilier
  2. Actualités immobilières à BERNAY
  3. Réforme DPE 2026 : 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique sans travaux Publié le 8 juin 2026 • Temps de lecture : 8 minutes • Catégorie : Réglementation immobilière

Réforme DPE 2026 : 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique sans travaux Publié le 8 juin 2026 • Temps de lecture : 8 minutes • Catégorie : Réglementation immobilière

Publié le 05/06/2026

L'essentiel à retenir

  • Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9.
  • Environ 850 000 logements chauffés à l'électricité quittent mécaniquement les classes F et G, sans aucun travaux.
  • Seuls les logements à chauffage électrique sont concernés. Le gaz, le fioul et le bois ne sont pas impactés.
  • Une nouvelle baisse du coefficient à 1,7 est actuellement à l'étude, ce qui ferait sortir 380 000 logements supplémentaires du statut de passoire.
  • Bonne nouvelle pour les propriétaires : vous pouvez télécharger gratuitement une nouvelle étiquette DPE actualisée sur le site de l'ADEME, sans refaire le diagnostic.

 

Une réforme actée par arrêté : ce qui change concrètement

Officialisée par l'arrêté du 13 août 2025 et entrée en vigueur le 1er janvier 2026, la réforme du DPE modifie un paramètre technique au cœur du calcul de votre étiquette énergétique : le coefficient de conversion de l'électricité. Il passe de 2,3 à 1,9.

Derrière cette modification d'apparence anodine se cache un effet de levier considérable. Selon les chiffres du ministère de l'Économie, environ 850 000 logements sortent mécaniquement du statut de passoire thermique (classes F et G), sur les 4,8 millions que comptait le parc de résidences principales. Soit près de 20 % des passoires d'un seul coup, et sans qu'aucun marteau-piqueur ne soit sorti.

L'objectif affiché par le gouvernement est double : aligner le calcul français sur les standards européens, et reconnaître la spécificité d'une électricité française fortement décarbonée (nucléaire, hydraulique, renouvelables).

Comprendre le coefficient de conversion en 2 minutes

Le DPE ne mesure pas votre facture d'électricité telle que vous la payez. Il convertit votre consommation finale (l'énergie qui arrive à votre prise) en consommation primaire (l'énergie nécessaire à produire, transporter et distribuer cette électricité, en intégrant les pertes en ligne).

Concrètement, jusqu'au 31 décembre 2025, chaque kWh d'électricité consommé était multiplié par 2,3 dans le calcul du DPE. Depuis le 1er janvier 2026, il est multiplié par 1,9.

Prenons un cas concret. Un logement consommant 10 000 kWh d'électricité par an affichait 23 000 kWh d'énergie primaire dans son DPE en 2025. Avec le nouveau coefficient, il affiche désormais 19 000 kWh, soit une baisse de plus de 17 %. Cette baisse suffit souvent à faire gagner une classe énergétique, parfois deux pour les petits logements.

Attention toutefois à une subtilité importante : le DPE repose sur un double seuil. Votre note finale est toujours celle de la moins bonne de vos deux étiquettes (consommation d'énergie OU émissions de gaz à effet de serre). Une bonne note énergie ne sauve pas une mauvaise note carbone, et inversement.

Qui est concerné par cette réforme ?

La réforme bénéficie uniquement aux logements chauffés à l'électricité. Cela inclut tous les équipements électriques principaux du logement :

  • Radiateurs électriques (convecteurs, panneaux rayonnants, inertie)
  • Pompes à chaleur (air-air, air-eau, géothermie)
  • Planchers chauffants électriques
  • Chauffe-eau électriques et chauffe-eau thermodynamiques

En revanche, les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas impactés : leurs coefficients de conversion respectifs restent inchangés.

Les biens les plus susceptibles de bénéficier d'un reclassement sont les appartements des années 1970 à 1990, souvent en copropriété, équipés de radiateurs électriques performants mais pénalisés par l'ancien mode de calcul. Beaucoup d'entre eux passent désormais de G à F, voire de F à E.

Faut-il refaire son DPE pour bénéficier du nouveau calcul ?

La question revient sans cesse, et la réponse est nuancée.

Premier point essentiel : votre DPE existant reste valide. Tous les diagnostics réalisés après juillet 2021 conservent leur validité pendant 10 ans à compter de leur date de réalisation. Vous n'avez aucune obligation de refaire un diagnostic complet.

Deuxième point : vous pouvez obtenir une étiquette actualisée gratuitement. Le ministère a annoncé la mise à disposition d'un outil sur le site de l'ADEME permettant de télécharger une nouvelle attestation DPE intégrant le nouveau coefficient, sans repasser par un diagnostiqueur.

Refaire un diagnostic complet (entre 100 et 250 € selon la surface) ne sera pertinent que dans deux cas : si votre DPE date d'avant juillet 2021 et n'est donc plus valide, ou si vous avez réalisé des travaux énergétiques depuis le diagnostic initial qui pourraient encore améliorer la note.

Quel impact sur la valeur de votre bien ?

Le passage d'une classe F à une classe E (ou de G à F) ne change pas la performance réelle du logement : ni les murs, ni les fenêtres, ni le système de chauffage n'ont changé. La facture du locataire ou de l'occupant reste identique. Mais les conséquences juridiques et économiques, elles, sont significatives.

Sur le plan juridique d'abord : un logement classé G était interdit à la location depuis le 1er janvier 2025. S'il passe en F grâce au nouveau coefficient, il redevient louable (sous réserve, à terme, du projet de loi Lecornu pour la classe F).

Sur le plan patrimonial ensuite : les biens étiquetés F ou G subissent en moyenne une décote de 5 à 20 % à la vente selon les zones, et sont plus difficiles à financer (les banques sont devenues réticentes à prêter pour acheter une passoire thermique sans projet de rénovation). Un reclassement modifie significativement ces paramètres.

Sur le plan locatif enfin : le plafonnement des loyers pour les passoires thermiques (interdiction d'augmenter le loyer lors d'un renouvellement) ne s'applique plus aux biens qui sortent du classement F-G.

Et après ? Vers une nouvelle baisse du coefficient à 1,7 ?

L'actualité est encore plus chaude qu'il n'y paraît. Le gouvernement étudie une nouvelle baisse du coefficient, de 1,9 à 1,7, qui ferait sortir 380 000 logements supplémentaires du statut F-G. Le cadre européen le permet d'ores et déjà. Certains experts évoquent même un horizon plus lointain à 1,0.

Cette perspective est saluée par les propriétaires et les acteurs de l'immobilier électrique, mais elle suscite aussi des critiques d'associations de locataires et d'experts en énergie. Leur argument : abaisser le coefficient sans changer la réalité physique du logement risque de brouiller la lisibilité du DPE pour les acquéreurs et locataires, qui pourraient se retrouver face à des étiquettes flatteuses masquant des factures de chauffage élevées.

Aucun calendrier n'est officiellement fixé à ce stade, mais le sujet reviendra dans les débats à la rentrée 2026.

3 actions concrètes à mener dès maintenant

  1. Vérifiez si votre bien est concerné. Mode de chauffage électrique ? Classement DPE F ou G antérieur à 2026 ? Vous êtes potentiellement éligible au reclassement automatique.
  2. Récupérez votre étiquette actualisée. Surveillez la mise en ligne de l'outil ADEME pour télécharger gratuitement votre nouvelle attestation. C'est ce document qui vaudra preuve auprès d'un acquéreur, d'un locataire ou d'une banque.
  3. Faites évaluer le bien. Un reclassement peut justifier une réévaluation à la hausse du loyer (lors d'un nouveau bail) ou du prix de vente. Notre agence se tient à votre disposition pour une estimation actualisée.

En synthèse

La réforme du DPE 2026 est une très bonne nouvelle pour les propriétaires de logements électriques : un cadeau réglementaire qui restaure la valeur de centaines de milliers de biens. Combinée au projet de loi Lecornu sur la remise en location des passoires thermiques sous condition de travaux, elle dessine un cadre plus pragmatique pour les bailleurs.

Mais attention au piège de la facilité : un logement reclassé n'est pas un logement performant. Sur le long terme, les biens réellement bien isolés et bien chauffés resteront ceux qui se vendent au meilleur prix et se louent le plus rapidement. La rénovation reste la trajectoire de fond, même si la pression réglementaire se desserre.

Suivez l’actualité immobilière et rejoignez-nous