MaPrimeRénov' 2026 : ce qui change en septembre et ce que les propriétaires du bassin de Bernay doivent faire d'urgence
Publié le 16 juillet 2026 • Temps de lecture : 9 minutes • Catégorie : Rénovation énergétique
L'essentiel à retenir
- Rabot budgétaire de 300 millions d'euros sur MaPrimeRénov', confirmé par le ministère du Logement le 28 juin 2026.
- 6 gestes sortent du parcours monogeste dès septembre 2026 : isolation des combles/toits, remplacement des fenêtres, VMC, chauffe-eau thermodynamique, chauffe-eau et chauffage solaires, poêles à bois et granulés.
- Ce qui reste éligible : pompe à chaleur air/eau ou eau/eau, raccordement à un réseau de chaleur, audit énergétique, dépose de cuve à fioul, Mon Accompagnateur Rénov'.
- Urgence pour les propriétaires du bassin de Bernay : les dossiers déposés avant l'entrée en vigueur du décret restent instruits selon les règles actuelles. Compte tenu des délais (ANAH + artisan RGE), il faut engager les démarches sans tarder.
- Alternatives : les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) restent mobilisables pour la plupart de ces travaux, et le parcours « rénovation d'ampleur » reste entièrement disponible.
Un rabot budgétaire de 300 millions d'euros acté fin juin
L'information avait d'abord été démentie comme de simples « spéculations » par le ministère du Logement. Puis, le 28 juin 2026, elle a été confirmée à l'AFP : MaPrimeRénov', dispositif phare des aides à la rénovation énergétique, va connaître un nouveau tour de vis à la rentrée 2026.
Le motif est budgétaire. Dans le cadre des mesures d'économies annoncées par l'exécutif, le gouvernement prévoit de réduire de 300 millions d'euros le budget alloué à MaPrimeRénov' (284 millions selon certaines sources). Un décret et un arrêté ont été présentés au Conseil national de l'habitat le 2 juillet 2026, l'entrée en vigueur est attendue en septembre 2026.
Ce nouveau tour de vis s'ajoute aux gestes déjà sortis du parcours monogeste au 1er janvier 2026 : isolation des murs (ITE), chaudières biomasse, isolation des planchers bas. Le parcours monogeste se recentre donc progressivement sur un cœur restreint, principalement autour de la pompe à chaleur.
Cette orientation politique n'est pas anodine. Elle traduit une bascule stratégique : privilégier les rénovations « d'ampleur » (bouquets de travaux) au détriment des rénovations progressives que la plupart des ménages français mettent en œuvre étape par étape, selon leurs capacités financières.
Les 6 gestes qui sortent du parcours monogeste en septembre
Voici précisément les 6 types de travaux qui ne seront plus finançables individuellement via MaPrimeRénov' à partir de septembre 2026 :
- Isolation de la toiture et des combles (aménagés ou aménageables). Un choc pour les propriétaires du bassin de Bernay, où de nombreuses maisons anciennes ont encore des combles mal isolés. Aide actuelle pour un ménage très modeste : jusqu'à 25 €/m² pour l'isolation des combles perdus.
- Remplacement des fenêtres. Alors que 30 % des logements français sont encore équipés de fenêtres à simple vitrage. Selon l'UFME, remplacer les menuiseries permet 27 % d'économie de chauffage et 18 % d'économie d'énergie primaire. Aide actuelle : jusqu'à 100 €/fenêtre pour un ménage très modeste.
- VMC (ventilation mécanique contrôlée). Simple ou double flux. Élément essentiel pour la qualité de l'air intérieur et l'efficacité de l'isolation.
- Chauffe-eau thermodynamique (CET). Alternative électrique à la chaudière gaz pour l'eau chaude sanitaire. Aide actuelle : de 400 € pour les ménages intermédiaires à 1 200 € pour les très modestes.
- Chauffe-eau et chauffage solaires. Exception géographique : ils resteraient éligibles en monogeste en Outre-mer, où le solaire thermique joue un rôle particulier.
- Poêles à bois et à granulés. Y compris les inserts. C'est probablement l'un des gestes les plus populaires en Normandie, particulièrement en zone semi-rurale comme le bassin de Bernay où de nombreux foyers utilisent le bois en chauffage principal ou d'appoint.
Point important : ces travaux resteront finançables, mais uniquement dans le cadre d'une rénovation d'ampleur (bouquet de travaux visant un saut énergétique global). Ils ne pourront plus être aidés isolément.
Ce qui reste éligible au parcours monogeste après septembre 2026
Le périmètre du parcours monogeste se réduit à cinq lignes seulement :
- Pompe à chaleur air/eau ou eau/eau (chauffage et production d'eau chaude sanitaire). C'est clairement le geste privilégié par l'État, en cohérence avec l'objectif d'un million de pompes à chaleur installées d'ici 2030 annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
- Raccordement à un réseau de chaleur urbain.
- Audit énergétique.
- Dépose d'une cuve à fioul.
- Recours à Mon Accompagnateur Rénov' (MAR).
À noter également : pour les logements classés F ou G, le parcours par geste reste utilisable jusqu'au 31 décembre 2026. C'est une exception ciblée sur les passoires thermiques, cohérente avec la loi Relance logement en cours d'examen parlementaire (voir notre article du 9 juillet sur l'adoption au Sénat).
Pourquoi c'est particulièrement urgent pour les propriétaires du bassin de Bernay
Notre secteur présente une double vulnérabilité face à cette réforme. D'abord, le parc immobilier du bassin de Bernay est majoritairement ancien : nombreuses maisons construites avant 1975, souvent avec des combles mal isolés, des menuiseries d'origine et un chauffage bois complémentaire. Ces caractéristiques concentrent précisément les gestes qui vont sortir du monogeste.
Ensuite, les rénovations d'ampleur sont plus complexes à monter pour les ménages modestes ou moyens. Elles supposent un bouquet coordonné de travaux, un budget global plus important (souvent 30 000 à 60 000 € pour une maison de 100 m²), et un pilotage professionnel (Mon Accompagnateur Rénov'). Pour un propriétaire qui voulait simplement changer ses fenêtres cet automne, le changement de règle rend l'opération financièrement moins soutenable.
Concrètement, si vous envisagiez l'un des 6 gestes qui vont sortir du dispositif, deux options s'offrent à vous :
Option 1 — Déposer votre dossier MaPrimeRénov' avant la publication du décret. Les dossiers déposés et instruits selon les règles en vigueur au moment du dépôt restent éligibles selon les anciens critères. Attention aux délais : l'ANAH met de 6 semaines à plusieurs mois pour instruire un dossier, et il faut compter 8 à 12 semaines pour trouver un artisan RGE disponible. En cumul, cela signifie qu'un projet lancé aujourd'hui a des chances raisonnables de bénéficier des règles actuelles.
Option 2 — Basculer sur les CEE ou une rénovation d'ampleur. Nous détaillons ces alternatives ci-dessous.
Les alternatives : CEE et rénovation d'ampleur
Bonne nouvelle : les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) restent mobilisables pour la plupart des travaux qui sortent de MaPrimeRénov' monogeste. Poêles à bois ou granulés, isolation des combles, remplacement des fenêtres : ces gestes bénéficient d'une prime CEE versée par les fournisseurs d'énergie, cumulable, accessible à tous les ménages sans condition de ressources.
Les montants CEE sont généralement inférieurs à ceux de MaPrimeRénov' pour les ménages très modestes, mais souvent équivalents ou supérieurs pour les ménages intermédiaires et aisés. Pour les propriétaires du bassin de Bernay non éligibles aux couleurs bleu ou jaune de MaPrimeRénov', les CEE peuvent même devenir la solution la plus intéressante.
Autre alternative : le parcours « rénovation d'ampleur » reste entièrement disponible. Il permet de financer dans un seul dossier l'isolation, les fenêtres, la VMC et la pompe à chaleur, avec un accompagnement obligatoire par Mon Accompagnateur Rénov'. Le montant d'aide global peut être significatif (jusqu'à 90 % du coût des travaux pour les ménages très modestes en cas de saut de 4 classes DPE), à condition d'accepter la complexité administrative et le montage global du projet.
Enfin, n'oubliez pas l'éco-PTZ (prêt à taux zéro pour la rénovation énergétique), le taux réduit de TVA à 5,5 %, et les aides locales éventuelles. Un dossier bien construit peut mobiliser 4 à 5 dispositifs en parallèle, ce qui compense largement la perte du monogeste MaPrimeRénov'.
Comment déposer un dossier avant l'échéance : le mode d'emploi
Si vous choisissez l'option 1 (dépôt avant l'entrée en vigueur du décret), voici les étapes à mener sans tarder :
Étape 1 — Vérifier votre éligibilité et estimer votre couleur MaPrimeRénov'. Bleu (très modeste), jaune (modeste), violet (intermédiaire) ou rose (aisé). Cette couleur, déterminée par votre Revenu Fiscal de Référence, conditionne le montant de l'aide.
Étape 2 — Faire réaliser un DPE si vous n'en avez pas. C'est obligatoire pour toute demande de MaPrimeRénov'. Un DPE coûte entre 100 et 250 € selon la surface.
Étape 3 — Demander des devis à un artisan RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Seuls les travaux réalisés par un artisan RGE ouvrent droit à MaPrimeRénov'. Comptez 8 à 12 semaines de délai pour obtenir un devis puis un planning de chantier.
Étape 4 — Créer votre compte sur maprimerenov.gouv.fr et déposer le dossier. L'ANAH instruit ensuite votre dossier (6 semaines à plusieurs mois selon la charge). Attention : les travaux ne doivent pas avoir commencé avant l'accord de l'ANAH.
Étape 5 — Réaliser les travaux, puis demander le versement de l'aide. Sur présentation de la facture acquittée. Le versement intervient sous quelques semaines.
Notre conseil : engagez les démarches dès cette semaine si vous voulez maximiser vos chances de dépôt avant l'entrée en vigueur du décret. Notre agence peut vous orienter vers des artisans RGE de confiance du bassin de Bernay et vous aider à structurer votre projet.
En synthèse
La réforme MaPrimeRénov' de septembre 2026 marque un tournant significatif dans la politique française de rénovation énergétique. Le gouvernement fait le choix de la rénovation d'ampleur au détriment du parcours progressif geste par geste, sur fond d'économies budgétaires assumées.
Pour les propriétaires du bassin de Bernay, la situation appelle une action rapide et éclairée. Si vous aviez un projet ciblé (fenêtres, isolation, chauffage bois), c'est le moment d'engager les démarches. Si vous préférez attendre, il faudra vous orienter vers les CEE ou une rénovation d'ampleur, avec des mécaniques différentes mais des aides toujours mobilisables.
Une chose est certaine : la rénovation énergétique reste incontournable. Que ce soit pour votre confort au quotidien, la valeur de votre bien à la revente, ou l'obligation à venir de sortir du statut de passoire thermique (voir nos articles sur la loi Relance logement), les travaux à mener sont ceux d'aujourd'hui — pas ceux qu'on repousse à demain.
Notre équipe se tient à votre disposition pour vous accompagner dans votre réflexion, vous mettre en relation avec les bons interlocuteurs (artisans RGE, courtiers, conseillers France Rénov'), et vous aider à identifier les biens du bassin de Bernay qui présentent le meilleur potentiel de valorisation par la rénovation.